MICE

Made in Italy, made together : le team building au fil de l’art sartorial

© Federico Sangalli

À Milan, la mode se découvre le plus souvent à travers ce qui vient à la fin du processus : le vêtement achevé, la vitrine, le podium. Bien avant cela pourtant, il existe tout un univers fait de tissus, d’épingles, de fils, de précision et de gestes répétés jusqu’à devenir instinctifs. Que se passe-t-il lorsqu’un groupe d’entreprise est invité à approcher de plus près cette facette du Made in Italy ? Au lieu de simplement admirer le savoir-faire italien, les participants passent à la pratique, accompagnés par des couturières qui leur dévoilent certaines techniques de leur métier. Il en résulte une activité de team building où créativité et habileté manuelle se conjuguent autour d’un défi particulièrement stimulant : transformer ensemble une idée en quelque chose de concret.

Mettre la main à l’ouvrage, façon milanaise

Le format peut prendre plusieurs directions, selon la taille du groupe, le temps disponible et le niveau d’implication recherché.

Un atelier de couture permet de s’initier à quelques points simples réalisés à la main et à des techniques de broderie accessibles, en travaillant directement avec aiguille, fil et tissu. Avec le drapé, l’attention se porte davantage sur la forme et la construction : autour d’un mannequin, les participants apprennent à épingler, plier et modeler la matière jusqu’à donner naissance à un petit vêtement.

Un atelier de modisterie, quant à lui, explore une autre facette du métier à travers la décoration et la personnalisation de chapeaux. Les techniques varient, mais l’esprit reste le même : manipuler les matières, essayer des gestes inhabituels, faire des choix et voir peu à peu une création prendre forme.

Sous l’accompagnement de professionnels, même ceux qui n’ont jamais tenu une aiguille peuvent se lancer. La perfection technique n’est pas l’objectif. Ce qui compte, c’est la curiosité, l’expérimentation et le plaisir de fabriquer quelque chose de ses propres mains.

© Federico Sangalli

Le collectif, point après point

C’est justement cette dimension pratique qui fait de la couture un terrain particulièrement intéressant pour une activité corporate. Le format convient aussi bien à des équipes restreintes qu’à des groupes beaucoup plus importants, jusqu’à une centaine de participants environ.

Le drapé, en particulier, se prête naturellement au travail collectif. L’un imagine le concept, un autre comprend instinctivement comment manier la matière, tandis qu’un troisième trouve la solution qui permet d’avancer. L’exercice repose moins sur la maîtrise de la couture que sur le chemin qui mène au résultat : échanger, tester, ajuster et réunir des contributions complémentaires autour d’un objectif commun.

Les créations finales peuvent également donner lieu à un défi convivial. Chaque équipe présente son projet, vote et désigne la pièce gagnante. La compétition reste légère : l’essentiel est d’offrir à tous un objectif partagé et de découvrir combien une même consigne peut donner naissance à des interprétations différentes.

La mode, dès ses premiers gestes

Le cadre joue lui aussi un rôle important dans la manière dont l’activité est vécue.

Installée dans l’un des quartiers créatifs historiques de Milan, l’expérience met les participants en contact direct avec un métier profondément lié à l’identité de la ville. Elle peut également se dérouler dans un lieu milanais chargé d’histoire, ajoutant une dimension de découverte au-delà des façades et des quartiers de mode les plus connus.

C’est ici que le lien avec le Made in Italy prend tout son sens. Il ne s’agit plus d’une notion abstraite associée à une étiquette ou à un produit fini : chacun perçoit le temps, la maîtrise et la précision nécessaires à la réalisation d’un objet façonné à la main — et comprend pourquoi certains détails qui semblent évidents ne le sont jamais vraiment.

© Federico Sangalli

Un autre regard, après avoir essayé

L’atelier peut aussi s’inscrire dans un programme MICE plus large. Il est par exemple possible de prolonger la partie pratique par un défilé privé. Après avoir eux-mêmes travaillé les tissus, les points et la construction, les invités observent les pièces réalisées par des professionnels avec un œil neuf : le tombé d’une étoffe, la précision d’une finition ou encore les heures de travail dissimulées derrière un détail deviennent soudain beaucoup plus perceptibles.

Un cocktail peut prolonger ce moment et transformer le passage de l’atelier au défilé en une parenthèse plus informelle.

Et à Milan, la manière la plus intéressante d’aborder la mode consiste peut-être non seulement à voir ce qui a été créé, mais aussi à comprendre, pendant quelques heures, tout ce qu’il faut pour lui donner vie.